À l’occasion du Magnifique Printemps et de la sortie de son nouveau livre Senteurs de terres vives nous sommes heureux de vous faire découvrir les dernières œuvres de Christine Célarier
Depuis quelques mois, les saisons, et surtout leurs transitions, inspirent et cadencent les productions artistiques, de Christine. Sensible aux changements de la nature minérale et végétale dans ces « entre-deux » saisonniers, souvent lents et délicats, parfois explosifs et éblouissants, elle a souhaité saisir, par une alliance entre peintures et encres de Chine, des instantanés de ces mutations, pour tenter d’en appréhender leurs plus subtiles variations et leurs plus éclatantes fulgurances.
- Vernissage le samedi 07 mars à partir de 17h
- Lecture poétique et musicale le dimanche 15 mars à 15h
À Lyon, dans un atelier baigné d’une clarté douce, Christine Célarier travaille le monde à la pointe de ses crayons de couleur, de ses pinceaux ou de ses plumes. Le support devient sous sa main une surface de respiration — un lieu où la nature reprend voix, où le vent, l’herbe, la lumière et l’eau s’entrelacent dans un murmure vibrant.
Plasticienne, dessinatrice et sculptrice, Christine Célarier explore les mouvements imperceptibles de la nature. Ses œuvres sont des jardins d’hiver, fragiles et poétiques, où chaque ligne semble née d’un souffle. L’encre ou la peinture, chez elle, ne sont pas de simples outils : ils sont matière vivante, un prolongement du geste. Elle y cherche la transparence, l’élan, la vibration. Le trait devient couleur, la couleur devient air.
Dans ses « envolées d’herbe », elle capte l’instant avant qu’il ne s’évanouisse : le battement d’une feuille, la danse d’une tige sous le vent, la lumière qui glisse sur un sol humide. Ce sont des paysages sans cadre fixe, des paysages qui respirent, ouverts, traversés de mouvements invisibles.
Sculpter, pour Christine Célarier, c’est prolonger cette écriture du vivant.
Le volume prolonge le dessin ; il donne corps à l’immatériel. Ses sculptures évoquent des souffles, des racines, des fibres végétales — les pierres semblent légères, d’une nature transfigurée, presque aérienne. Dans ses mains, le matériau se fait souple, poreux, réceptif au vent.
Son œuvre, entre fragilité et tension, parle d’un lien profond entre l’humain et la nature. Elle ne cherche pas à la représenter, mais à l’habiter, à en saisir la musique interne. Il y a chez elle un désir d’équilibre, une écoute du monde qui s’exprime dans la délicatesse du geste.
Dans ses jardins d’hiver comme dans ses dessins suspendus, Christine Célarier invente une poésie de la matière. Elle sculpte le souffle, le passage, le presque rien. Et dans ce rien, elle révèle l’essentiel : la beauté du mouvement, la présence du vent, la trace d’une nature qui nous traverse.
Exposition du 7 au 29 mars 2026