La Beauté – Éphéméride poétique pour chanter la vie

Anthologie établie par Bruno Doucey & Thierry Renard

Janvier et notre émerveillement devant ce qui naît, février et ses carnavals grimaçants, mars et le combat pour sauver le monde… En 2019, c’est sous la forme d’une éphéméride que se décline l’anthologie du 21ème Printemps des Poètes. Beauté du geste, beauté du diable, chant de celui qui va mourir à l’aube, tyrannie du beau : le livre que nous proposons libère une foule d’insurgés et de rêveurs, d’oiseaux bâtisseurs et d’oiseaux migrateurs, de dissidents et de troubadours sur les grèves harassées des temps modernes. 105 pour être précis, dont la moitié sont des femmes. 105 qui explosent les frontières géographiques et générationnelles. Des jeunes, des étrangers, tous ceux qui incarnent la relève d’une poésie qui n’a nul besoin de se refaire une beauté…

En collaboration avec l’Espace Pandora.
Peintures & estampes de 
Robert Lobet.

Le cœur des mortels

Paola Pigani, photographies de Gilles Vugliano

Les mots tombent sur la page d’encre en une fine pluie de paroles resserrées qui semblent traduire le plus ordinaire des jours.

Paysages urbains, instants fixés dans leur singularité, rêveries permises, ciels et sols mêlés, tout ici se reflète dans l’œil aiguisé de la narratrice ou dans l’objectif, réservé, du photographe.

On ne touche pas, on effleure. On n’affirme pas, on suggère. Ce livre propose les choix poétiques de deux regards complices. La tendresse et la fragilité humaines sont, de nouveau, à l’ordre du jour.

Paroles de feu

Jidi Majia

La poésie de Jidi Majia, poète chinois traduit ici par Françoise Roy, n’est absolument pas un long fleuve tranquille. C’est une poésie, aux accents lyriques, qui compte bien faire entendre la voix singulière de l’une des minorités culturelles de ce vaste pays où tradition et modernité depuis toujours se confondent.

Le souffle des vents contraires anime les vers de ce poète au double « je » (double jeu ?). Un « je » pour l’émotion, la confidence et la proximité. Un je pour l’engagement, le partage, beaucoup plus politique, et jouant en faveur du collectif.

Par moments, on ne peut s’empêcher de songer à quelques grandes voix disparues : Nazin Hikmet, ou Pablo Neruda, notamment.

Quand le poème réconcilie l’Histoire et notre part la plus intime…

Halva, Loukoum & Camembert

Joël Bastard

Il s’agit bien d’un récit relevant de l’autofiction plutôt que de la simple prose romanesque. Toute la différence est là. Ce petit livre, au titre original, est le fruit d’une résidence d’auteur dans l’une des cités populaires de la banlieue lyonnaise : Vaulx-en-Velin.

Tour à tour, poète, essayiste, observateur et « acteur », Joël Bastard, nous plonge dans ce que fut sa réalité quotidienne pendant plusieurs semaines dans un quartier défavorisé de la République. Sans concession, mais avec une grande générosité, l’auteur dépeint un monde tenu à l’écart, mis au ban de la société.

Un livre entre les livres, à la croisée des genres.

Une parole, franche, au bord de la parole ;