Originaire de Grenoble, où il réside, Jean-Pierre Chambon a travaillé comme journaliste. Il a fait paraître une trentaine de livres, poèmes et récits, chez différents éditeurs. Derniers ouvrages publiés : La Montagne lumineuse, peintures de Mad, Voix d’encre, 2022 ; Je ne vois pas l’oiseau, encres de Carmelo Zagari, Al Manar, 2022 ; Étant donné, aquarelles de Philippe Cognée, Al Manar, 2024 ; Le Visage inconnu, peintures de Béatrice Englert, Les Lieux Dits éditions, 2025.
Des extraits de ses recueils ont été traduits dans une dizaine de langues. Il collabore régulièrement avec des plasticiens et des photographes pour des livres d’artiste, et des musiciens pour des lectures. Il co-anime depuis 1991 la revue de poésie Voix d’encre. Il a conçu en 2023 l’anthologie poétique Montagnes, chemins d’écritures, qui réunit 52 poètes et 10 plasticiens (éditions Voix d’encre). Son livre Le roi errant (Gallimard, 1995) a reçu le prix international de poésie francophone Yvan-Goll en 1996. Son ouvrage Étant donné, paru chez Al Manar en 2024, vient d’être récompensé par le Prix Roger-Kowalski, grand prix de poésie de la Ville de Lyon. Ce nouveau recueil est accompagné d’aquarelles originales de Philippe Cognée.
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À propos de Étant donné, Angèle Paoli écrit (sur son site littéraire Terres de femmes) :
« Le regard du poète est un regard d’observateur minutieux qui se saisit et se penche sur tout ce qui survient à sa portée. Souvent derrière la vitre d’un train, une fenêtre ou à travers un feuillage. Le ciel et la lumière, les miroirs et les reflets d’eau, nimbent les objets, les modifient, les entraînent ailleurs ; les bruits surgissent, comme un fond sonore inédit, rumeurs des villes et des champs, cris d’oiseaux et feulements de bêtes, qui peuplent les poèmes, décors et choses, moments privilégiés. Les images et les mots qui les génèrent sont d’une richesse inépuisable et d’une inépuisable beauté. Le rêveur, souvent mélancolique, se laisse happer, hypnotisé par ses pensées vagabondes.
« Dans une trouée entre des saules
dont la rousseur infuse l’eau
deux canards de leur sillage
décomposent en paillettes d’or
l’étincellement de la lumière… »
Ce qui fascine dans ces poèmes, c’est leur facture. Et donc leur déroulement. Brèves mais tout d’une pièce, les scènes se déroulent d’un seul tenant sans aucune ponctuation. À partir d’une amorce temporelle ou spatiale, parfois par le biais de personnes entrant en action, elles se déploient grâce à un enchaînement discret, quasi imperceptible si l’on n’y prend garde, participes présents et subordonnées infléchissent subtilement le parcours. Jusqu’à ce que survienne une première modification puis une seconde ainsi de suite jusqu’au dénouement ou à la chute. Ou au contraire, au rétablissement du point initial. »